Lettre à Nicolas Sarkozy
Par DV, mercredi 17 mai 2006 à 10:22 :: général :: #34 :: rss
J'ai été informée par un courriel du réseau Éducation sans frontières de l'arrestation et de la reconduite à la frontière (un terme élégant pour parler d'expulsion) d'une mère et de ses deux enfants. Une procédure contraire à toutes directives ministérielles, dont celle qui promettait aux enfants de laisser au moins finir leur année scolaire.
Le Réseau Éducation sans frontières se propose d'ailleurs de monter un comité de parrainage pour protéger ces enfants.
Ci-dessous, la lettre partie hier soir par coursier à la place Beauvau.
Monsieur le Ministre,
Je tiens à vous faire part de ma stupéfaction et de ma colère face à l’expulsion de deux enfants maliens scolarisés en France, en dépit de l’engagement que vous avez pris de ne procéder à aucune reconduite à la frontière avant la fin de l’année scolaire.
Il s’agit – mais vous le savez bien, puisque votre cabinet a été alerté ! – de Mariam Sylla et de ses deux enfants, tous deux nés en France. Mohamed, âgé de 5 ans, était élève en grande section à l'école maternelle Jolibois à Orléans-La Source et Aïssata, âgé de 3 ans, en petite section à l'école maternelle Claude Bernard à Orléans-La Source.
Interpellés et placés en rétention le jeudi 11 mai, ils ont été expulsés par avion vers le Mali le samedi 13 mai, alors qu’une procédure était en cours pour contester l’arrêté préfectoral de reconduite à la frontière pris par le préfet du Loiret, l’audience étant fixée au 15 mai. Quel zèle admirable… ! Quelle mâle détermination…
Comme vous le savez, le Tribunal administratif d’Orléans a annulé l’arrêté préfectoral de reconduite à la frontière dès le 15 mai. L’expulsion de Mariam Sylla et de ses enfants était donc illégale.
Je plaide avec vigueur, Monsieur le Ministre, pour que les engagements pris soient tenus, et pour que le dernier mot reste à la justice. Et je m’associe aux enseignants et aux parents d’élèves des écoles où étaient scolarisés Mohamed et Aïssata, pour demander le retour parmi nous de ces enfants et de leur maman.
Je vous prie de bien vouloir agréer, Monsieur le Ministre, mes salutations navrées.



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